Camps d'été virtuels

Les enfants peuvent continuer à apprendre avec de tout nouveaux camps de codage Scratch comme Art, Jeux et Minecraft.

Innover avec les technologies dans la terre du soleil de minuit

L’histoire d’un éducateur qui introduit la programmation, la créativité et la curiosité dans une école du Yukon.

Hannah Ballard
14 Octobre 2020

L’année scolaire passée a été marquée par l’incertitude, mais nous avons vu les enseignant·e·s, les familles et les communautés s’unir pour permettre aux enfants de continuer à apprendre. Les enseignant·e·s canadien·ne·s travaillant dans des communautés éloignées sont habitué·e·s à faire face à l’imprévisible.

Pour M. Michel Emery, enseignant-bibliothécaire et technopédagogue à l’école secondaire F. H. Collins de Whitehorse, n’importe quel défi peut être relevé grâce à l’innovation. C’est cette façon de penser qui l’a mené à recevoir le Prix du premier ministre pour l’excellence dans l’enseignement, en 2018.

Michel Emery travaillant avec ses étudiants.

Michel Emery travaillant avec ses étudiants.

Avec une population de 25 000 habitants, Whitehorse est la capitale du Yukon et la plus grande ville du nord du Canada. Cela étant, elle se situe à près de 2 000 km d’Edmonton, la grande ville canadienne la plus proche. Il est donc quelque peu difficile d’inviter des spécialistes en classe ou de visiter de grands musées!

Durant ses deux décennies d’enseignement, Michel a trouvé trois astuces pour permettre aux enfants de continuer à apprendre, peu importe ce qui se passe à l’extérieur.

Mettre en place un espace où les enfants peuvent faire preuve de curiosité et créer

L’intérêt de Michel pour les STIM s’est développé lors de son baccalauréat à l’Université d’Ottawa. Il a constaté que la révolution technologique du monde du travail ne se manifestait pas dans les écoles.

« En tant qu’enseignant·e·s, notre rôle est de préparer nos élèves pour l’avenir. Je voulais intégrer davantage ces technologies [du monde réel] dans la salle de classe afin que les élèves obtiennent leur diplôme équipés d’un large éventail de compétences qu’ils pourront utiliser et mettre en œuvre dans leur carrière ».

Michel s’est occupé de transformer la bibliothèque de F.H. Collins en carrefour d’apprentissage. Celui-ci dispose d’ordinateurs et d’espaces de repos, ainsi que d’autres ressources technologiques telles que des équipements robotiques, des trousses de bricolage, des imprimantes 3D, des équipements de réalité virtuelle, des iPad, des caméras 360° et des scanneurs 3D. Ils sont mis à la disposition de tous les étudiants pour leur permettre de réaliser des projets variés.

Michel est souvent sur place pour encadrer ou orienter les enfants vers les ressources qu’ils recherchent, mais cet espace est principalement conçu pour être utilisé en autonomie. Les technologiques en herbe suivent une « formation » pour devenir des Élèves Experts prosélytes en mesure d’aider leurs pairs à utiliser les ressources.

« Quand j’enseigne mes cours de programmation, de nombreux élèves éprouvent une certaine appréhension. Les enfants, et les gens en général, ont l’impression que la programmation est… difficile et hors de portée. Mais une fois qu’ils commencent à utiliser divers programmes de codage, cela les passionne et ils veulent en apprendre davantage. Les programmes de codage qui sont disponibles dans les écoles sont très bien structurés et sont en réalité assez amusants à utiliser. »

L’école étant située près d’une forêt sur les rives du fleuve Yukon, Michel adore se servir des technologies pour impliquer les enfants dans des activités à l’extérieur de leur salle de classe.

À l’aide de l’application Survey123, Michel et sa classe d’explorateurs intrépides ont entrepris de géomarquer et de recueillir des données sur la forêt, tout cela en utilisant les cellulaires des élèves.

« Nous cherchons en permanence des moyens pour que les enfants utilisent leurs appareils comme outil de recherche ou de collecte de données. À l’aide de Survey123, nous avons créé un questionnaire de données. La mission des élèves consistait à trouver différentes espèces de plantes et de champignons dans une zone spécifique. Les élèves devaient prendre les espèces en photo, recueillir des données sur leur taille et d’autres caractéristiques et enregistrer leur géolocalisation. Toutes ces données étaient ensuite importées automatiquement dans une carte collaborative. Nous disposons désormais d’un ensemble de données sur notre région et nous pouvons les utiliser d’une année sur l’autre pour suivre leur évolution. »

Les élèves utilisent leur cellulaire pour recueillir des données sur les plantes près de leur école.

Les élèves utilisent leur cellulaire pour recueillir des données sur les plantes près de leur école.

Michel a remarqué qu’une fois que les enfants commencent à innover, ils ne s’arrêtent généralement pas!

Les enfants veulent avoir un impact réel sur le monde

Tout comme les adultes, les enfants ne sont généralement pas très intéressés par les tâches dont ils ne voient pas le but. Pour les impliquer plus facilement, il suffit de leur montrer comment la technologie se croise avec le monde réel.

L’un des projets préférés de Michel a été développé après avoir apporté une caméra 360° en classe. De nombreuses communautés éloignées du Yukon ne disposent pas d’école secondaire à proximité, et les élèves doivent donc partir en internat à Whitehorse pour le semestre.

« Les élèves vivant à l’internat ont utilisé les caméras pour créer des visites virtuelles afin que leur famille et les prochains élèves qui viendront y vivre puissent avoir une idée de ce à quoi ressemble leur logement… C’était un projet créé par des élèves, pour des élèves! »

Après avoir terminé le projet de visite en réalité virtuelle, les élèves ont commencé à travailler sur une visite virtuelle de l’école en 4 langues. « Nous avons reproduit ce projet concluant et l’avons développé pour mettre en avant notre école et les programmes qu’elle offre! »

Des étudiants capturant des images de leur école à l'aide d'un drone.

Des étudiants capturant des images de leur école à l'aide d'un drone.

Michel trouve souvent l’occasion d’innover à plus grande échelle. Un enseignant avait accumulé de nombreux claviers cassés. Or, les déchets électroniques doivent être transportés en dehors du Yukon, ce qui n’est pas très écologique. Michel a donc formé le Green Tech Squad.

Ce groupe s’est donné la mission de retirer toutes les touches restantes des claviers pour en faire des carreaux de lettres. Ceux-ci se sont avérés populaires pour la création de jeux d’apprentissage des langues.

Michel a ensuite retiré les squelettes en aluminium des restes de claviers, pour les laisser entre les mains des élèves.

« Ils en ont fait des supports à livres ou à iPad, ou encore des porte-crayons pour certains. Nous les avons même utilisés pour fabriquer des étagères! »
Green Tech Squad’s recycled book holders.

Les porte-livres recyclés de la Green Tech Squad.

Cette occasion de faire preuve d’idées novatrices pour répondre aux problèmes du monde réel a été un excellent moyen de meubler le carrefour d’apprentissage. Mieux encore : cela a permis d’améliorer la confiance et l’estime de soi des élèves.

Même si vivre dans un lieu reculé peut limiter les options pour ce qui est des endroits à visiter, la technologie peut se rendre partout et apporter une myriade de possibilités passionnantes.

Grâce à internet, vous avez le monde au bout des doigts

Cela ne veut pas dire qu’enseigner au Yukon est chose aisée. Contrairement aux grandes villes, les occasions d’inviter des experts à donner des conférences ou d’organiser des excursions sont moins nombreuses, et la bande passante est plus faible, ce qui limite l’utilisation d’appareils connectés.

Pour Michel, l’un des aspects les plus gratifiants de l’enseignement ici est d’utiliser les STIM pour amener le monde aux élèves.

« Grâce à diverses technologies, nous pouvons avoir accès à des experts non seulement canadiens, mais aussi du monde entier…

Il existe également de plus en plus de façons d’utiliser des technologies hors ligne pour contourner le problème de la limite de la bande passante. Vous pouvez télécharger différentes Google Expéditions sur les appareils de l’école et faire entrer le monde dans votre salle de classe pour enrichir l’expérience d’apprentissage. Vous pouvez emmener vos élèves faire des excursions dans des lieux où il serait autrement impossible de se rendre, comme à l’intérieur d’un volcan, dans la station spatiale, à l’intérieur d’un virus, dans la Rome antique, au cœur de la bataille de la crête de Vimy, et ce sans décalage horaire ni frais de billet d’avion! »

Les élèves de Michel utilisent Google Expeditions et des casques VR pour faire une excursion virtuelle.

Les élèves de Michel utilisent Google Expeditions et des casques VR pour faire une excursion virtuelle.

Cet accès au monde extérieur a permis de maintenir la paix dans de nombreux foyers pendant les périodes les plus strictes du confinement. Espérons que cela continue d’inspirer davantage d’éducateur·rice·s au cours de l’année scolaire.

Parmi les expériences passionnantes que Michel a créées pour ses élèves, on compte:

  • La participation à une séance de questions-réponses avec le premier astronaute autochtone dans l’espace et la création d’opportunités en STIM pour les jeunes autochtones
  • La participation à un atelier Connected North au Shakespeare’s Globe Theatre, à Londres
  • La participation à des recherches en direct sur les coraux à Curaçao, à l’aide de EncountersEdu.
  • L’organisation de plusieurs expéditions en réalité virtuelle dans toutes les classes et sur plusieurs matières enseignées dans son école à l’aide de Google Expéditions.
  • La participation à des cours sur les STIM chaque année lors de la Semaine Canada en programmation

La technologie est l’un des outils avec lesquels enseigner. Elle permet de créer des expériences interactives qui visent à aider les élèves, quelles que soient leurs capacités, à interagir avec le contenu de façon différente. Le mieux dans tout ça? Leur enthousiasme!

Vous sentez l’envie d’intégrer la programmation ou la pensée computationnelle dans votre classe? Les éducateur·rice·s peuvent désormais réserver un webinaire virtuel Coder en Classe avec un·e instructeur·rice de KCJ ! Dans cet atelier d'exploration technologique d'une heure, les étudiants et les enseignant·e·s peuvent se familiariser avec l'IA, les micro:bits ou Scratch. Grâce au financement de CodeCan, nous sommes en mesure d'offrir ces ateliers gratuitement ! Les enseignant·e·s peuvent également consulter notre page Éducateur·rice·s pour parcourir nos ressources pédagogiques régulièrement mises à jour et vous inscrire à nos prochains webinaires.

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